RDC – Pour un accompagnement international serré du processus électoral

RDC – POUR UN ACCOMPAGNEMENT INTERNATIONAL ETROIT DU PROCESSUS ELECTORAL

profLe calendrier électoral publié le dimanche 5 novembre 2017 par la CENI est un attelage à cohérence et agencement d’ensemble flous. Un montage à maints égards irresponsable au regard de la gravité de la crise socio-économique qui secoue le pays, de l’urgence d’en sortir, et du fait que les élections ont déjà été reportées à deux reprises. Ce calendrier caméléon cache mal la volonté des gouvernants actuels de s’offrir un nième glissement. Le document met en évidence la nécessité d’une implication plus décisive de la communauté internationale dans la gestion d’un processus électoral devenu haut jeu de dupes et cynique bal des chauves.

Après examen, je note, à titre illustratif, l’incongruité de la clôture si tardive (septembre 2018) de l’enrôlement des congolais de la diaspora. Une programmation manifestement destinée à créer la confusion à la fin de l’année pour justifier un nième report de l’élection présidentielle au delà de décembre 2018. De même, si l’examen des contentieux des listes électorales peut se terminer le 14 février 2018, la promulgation de la loi sur la répartition des sièges, dont un projet doit déjà exister, devrait pouvoir intervenir plus tôt qu’à l’échéance proposée du mois de mai 2018. Dans ces conditions, la clôture de l’affichage des listes en décembre 2018 ne peut se comprendre.

Au regard de ce qui précède et de bien d’autres fourvoiements du calendrier proposé, Congo Na Biso estime que l’organisation des élections en septembre 2018 est tout à fait possible. Trois grandes conditions devraient toutefois être réunies à cette fin. Primo : comme en 2006 avec l’EUFOR RDC, le déploiement d’une force euro-américaine de courte durée donnerait le gage d’une implication plus déterminée de la communauté internationale dans les efforts visant une fin pacifique de la crise congolaise. Car il faut tout mettre en œuvre pour que ce vaste pays ne devienne un espace totalement hors-la loi, un autre nid de terroristes internationaux. Secundo : pour faciliter la mobilisation des ressources nécessaires au financement des élections, la RDC doit rapidement mettre en place les conditions d’une coopération conséquente avec ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. En effet, l’étroit accompagnement international du processus électoral est aujourd’hui question de vie ou de mort pour le pays.  Enfin, tertio : M. Naanga et son adjoint doivent être remplacés ou, à tout le moins, placés sous la supervision d’une personnalité nationale consensuelle de très grande confiance. Parallèlement, les pouvoirs de l’expertise internationale à la disposition de la CENI doivent être renforcés.

Pour éviter le chaos généralisé, j’appelle au déploiement urgent des trois préalables ci-dessus.

Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir, Mwalimu
Le 6 novembre 2017